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 [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)

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Dany

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MessageSujet: [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)   Mer 12 Mar - 16:31

C'est épuisée par la fatigue que Dany s'affala dans un fauteuil de cuir moelleux, méditant sur ce qui avait été accompli et ce qui devait encore l'être, son verre de cognac à la main. Cette suite du Samaritanos lui avait coûté une petite fortune, mais la vue panoramique de la grande place et d'une partie de la cité en valait la peine. Les luminaires faiblement éclairés, merveilles technologiques du continent devaient avoir été introduit par un rebelle ou un captif, ce qui ne changeraient en rien leur magnificence. Le tapis coloré au sol devait bien faire dans les huit mètres carré, les meubles en acajous venaient compléter cette démesure. Seul le lit à baldaquin se faisait un peu plus discret à l'instar de la salle d'eau qui se trouvait en retrait derrière une petite porte.

En y repensant c'était ce vieux bourru de Sidjer qui lui avait tout appris au sujet du focntionnement de l'argent sur l'île. Celui-ci n'était rien sans l'existence de relations plus ou moins établies, d’humanoïdes prêt à faire des choses dangereuses ou extraordinaires dans le seul but d’acquérir quelques uns de ces bouts de métaux. Par ce coté, les gens n'étaient pas très différent du continent, peut-être juste un peu plus fous.

Dany avait encore le temps de rédiger plusieurs lettres, sa montre à gousset lui confirma trois heure et demi de l'après-midi. Il lui restait deux heures avant le rendez-vous. Les combats de rue qu'elle organisait depuis quelques jours lui avait permis de faire quelques affaires en sous-mains, mais la concurrence commençait à s'agiter. Un moyen d'exporter ses combines ou du moins de les éloigner des yeux de tous étaient à l'étude, sans cela se serait sa perte.

Enfin mademoiselle Kaliandhe ne serait rien de tout cela. Danyka avait entendu parlé de cette guérisseuse vivant dans une ancienne parfumerie si ses informations étaient exactes. Une femme de gout en avait-elle déduit. Sa future invité ne semblait pas extrêmement regardante au niveau des blessures pour vu qu'on y mettait le prix. C'était tout à fait ce que la tieffling recherchait pour faire évoluer son entreprise. Les combats d'arènes dont elle avait entendu parlé ne disposait pas de médecin attitré et les infections y étaient fréquentes.

Des combats avec plus de confort pouvaient permettre aux riches dandys férus de boxes et autres sports de combat, de se lancer en toute sécurité ou presque et à Dany de s'enrichir. Pour les autres malheureusement l'endettement serait le seul salut, pour un temps du moins.

Elle se repassa mentalement la lettre qu'elle avait adressé :

Très cher mademoiselle Kaliandhe

J'ai appris que vous étiez guérisseuse de profession et que vous cherchiez à vous instruire plus amplement dans le domaine. J'ai eu vent de vos compétences et je suis persuadé que vous pourriez obtenir une meilleure rémunération que ce que vous percevez actuellement. Un contrat de travail vous attends à l'hôtel Samaritanos, suite 215 à dix-sept heures trente, jeudi.

Alima Nyda


Dany n'était pas très douée à l'écrit, elle préférait d'avantage s'exprimer à l'oral où les chances de convaincre son interlocutrice seraient bien plus probantes. C'est donc avec soin que la lettre distillait très peu de détails, mais tout de même assez pour éveiller la curiosité. De plus le lieu de rendez-vous était un lieu fréquentable, surveillé ,apportant la confiance à l'inverse des cahutes mal famées dans lesquelles elle s'engageait parfois pour faire affaires avec les voyous locaux.

Malgré la noblesse du lieu, Dany avait gardé son pantalon lui permettant d'avoir cette aisance de mouvement qui lui était si cher. Cependant un effort avait été consacré au reste de la tenue, avec des bottines noires à talons et un corset brun entrecroisé de petits lacets rouges, faisant ressortir sa poitrine. Elle respirait le dernier parfum à la mode, aux senteurs de cerises noires. Dany le savait pour convaincre, il fallait séduire. Les gens beaux avaient ce pouvoir remarquable d'attirer la sympathie même s'ils devaient être les pires fléaux de la terre, au contraire des gens laids passaient presque toujours pour d'infâmes personnages.

Dany finit de rédiger une lettre adressé à un certain monsieur Orloff, puis entama la lecture de "politique gouvernementale, quels avantages ?" patientant dans l'espoir que la jeune femme arrive à l'heure du dit rendez-vous.


Dernière édition par Dany le Mar 18 Mar - 14:42, édité 1 fois
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Lucille

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MessageSujet: Re: [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)   Lun 17 Mar - 22:38

Je montais les escaliers qui menaient à la suite 215 du Samaritanos. C'était un des hôtels les plus luxueux de la place. Évidemment, je ne m'y étais jamais rendue. Les escaliers étaient recouverts d'un tapis rouge où s'enroulaient fils d'or et d'émeraude, tout comme les murs, ce qui rendait l'atmosphère quelque peu oppressante. Ma main parcourait la rampe vernie, me demandant quelle était la vie de ceux qui la touchait aussi. J'avais reçu une lettre la veille, d'une certaine Alima Nyda. Malgré le peu d'informations qu'elle contenait, elle avait piqué ma curiosité et étant donné que l'endroit de rendez-vous était dans un lieu plus que convenable, je ne pouvais pas ne pas m'y rendre. J'avais pensé à mettre une robe afin de ne pas jurer avec l'établissement, avant d'abandonner l'idée lorsque j'avais vu le désert de ma penderie. Après tout, c'était mieux ainsi. On se sentais tellement bien dans ses vêtement habituels. Était-ce une jeune héritière qui n'arrivait pas à avoir d'enfants ou encore serait-elle une vieille extravagante venue du continent qui cherchait des remèdes miracles ? Les deux étaient fort probables. Je penchais plus pour la seconde, ce qui expliquait qu'elle ne se soit pas déplacée jusque chez moi.

211...212...214... Superstitieux au Samaritanos ? Je souris. J'arrivai à la 215 et frappai à la porte. On vint m'ouvrir. Ce n'était absolument pas une vieille dame ! La personne qui se dressait devant moi était une jeune tieffling à la chevelure violacée. Son assurance et sa présentation me faisait penser au type de cliente qu'adorait mon père. Des femmes de caractère qui savent ce qu'elles veulent et qui arrivent toujours à leurs fins. Elles achetaient en général les parfums francs et raffinés, ceux dont l'odeur ne s'oublie pas et vous hante jusqu'à ce que vous retrouviez celle qui le portait. D'ailleurs, celui qu'elle avait était l'un de ceux là, je reconnaissais l'odeur de la cerise, fruit érotique. Elle était légèrement plus petite que moi, mais ça n'était dû qu'aux bottines qu'elle portait. Son corset était à couper le souffle et je me demandais où elle avait pu dégoter une telle pièce.

« Alima Nyda, je présume ? »

Elle acquiesça et m'invita à entrer. La chambre était cousine de la cage d'escalier et avait la même démesure chromatique et matérielle, heureusement qu'une grande baie vitrée faisait respirer le tout. Je la regardais à nouveau. Décidément, elle dégageait une assurance hors du commun que je ne pu m'empêcher d'envier, même si je n'étais pas à plaindre. Je décidai d'être directe.


« Je pense que vous avez quelque chose d'intéressant à me proposer. Dites-moi tout. »
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Dany

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MessageSujet: Re: [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)   Mar 18 Mar - 15:04

Voici la jeune femme qui venait de faire son entrée dans la suite hôtelière. Dany eu un sourire en la voyant, avec un pantalon sans doute pour plus de confort. Ce premier indice lui fit dire qu'elle pourrait être une très bonne amie.  Elle était de taille moyenne pour une humaine mais son regard dégageait quelque chose de très particulier. Nul doute que plus d'un homme avait déjà du tomber dans son escarcelle et même peut-être quelques femmes. Elle semblait émerveillée par la suite, le cadre de l'hôtel et par toutes les fioritures dont Dany c'était attifée. C'était une bonne chose car les affaires de Dany même si elles n'étaient encore qu'à l'état d'embryons commençaient à prospérer, malgré les services plus ou moins douteux dans lesquels elle s'étaient engagé afin de de faire fleurir son entreprise.

L'argent coulerais à flots dans quelques mois et cet étalage de luxe permettait à son interlocutrice de pouvoir faire travailler son imagination sur les possibilités futures du métier.

- C'est bien cela, mademoiselle Kaliendhe à ce que je vois. J'ai ouïe dire que vous étiez une guérisseuse talentueuse et que vous appreniez très vite. Comme vous le savez certainement déjà, Clavinia est une île de pirates. Une île aux mœurs assez libertaires et la légalité n'a ici de limites que celles que nous imposent les seigneurs pirates. Vous avez peut-être déjà pu constater par vous même qu'il arrive de temps à autre que certains flibustiers soient obliger de rester à quai assez longtemps pour diverses raisons. Ces mêmes individus fautes de défouloir ont une tendance exacerbée à mettre une certaine animation en ville. Ce qui n'est pas du gout de tous les commerçants, aubergistes et taverniers de la région. Je me suis donc lancé dans le social en aidant ces pauvres bougres à mettre de l'animation là où il le faut tout en laissant les honnêtes gens en paix. J'organise quelques combats de temps à autre, un peu partout en Clavinia. Le succès grandissant même les fils de bonnes familles y ont pris part, la fougue de la jeunesse, sans doute. Bien entendu les pirates sont de bons combattants mais les gens fortunés de bien meilleurs clients. Il me faut donc un médecin peu regardant sur l'état de ses patients ou leur origine sociale qui veuillent bien prendre la peine de soigner ces braves gens sans discrimination aucune hormis celle de l'argent, peut-être. Bien entendu je vous encourage fortement à doubler, voir tripler vos honoraires dans de telles conditions. Le contrat stipule que vous devrez me reverser quinze pour cent de ce que vous gagnez.Alors qu'en dites-vous ?

Les gens demandent toujours plus et la guérisseuse n'échapperait surement pas à la règle, heureusement Dany avait préparé le terrain en conséquence. Elle attendait maintenant une réponse de la part de mademoiselle Kaliendhe, tout en servant deux verres de cognac, avant d'en proposer un à son interlocutrice.
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Lucille

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MessageSujet: Re: [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)   Mer 19 Mar - 8:51

Je m'amusai de l'aisance avec laquelle elle avait transformé les combats de rues qu'elle organisait en acte philanthropique. Dommage qu'elle eût tant parlé d'argent, sinon, j'y aurais presque cru. Quoi qu'il en était, ce n'était pas à moi de la juger. Un travail était un travail, même s'il était peu recommandable. Il était certain que tout le monde aurait préféré être un notable de la ville et n'avoir qu'à ouvrir le bec pour que l'argent y tombe que d'arpenter des ruelles moites pour un quignon de pain. D'autant plus que je n'étais pas à plaindre et que je m'adonnai à mes petites expériences que certains auraient qualifiées d'immorales. Bah! Il fallait de tout pour faire un monde, non?

-Appelez moi Lucille. Le "Mademoiselle Kaliandhe" est réservé aux personnes que je soigne. Je vous remercie pour les compliments, bien que je sente que vous les réservez à quiconque pourrait convenir pour soigner ces pauvres bougres devant évacuer leur surplus d'énergie. L'argent n'est pas ma priorité étant donné que je gagne ma vie correctement et que je ne cherche pas à en avoir plus. J'ai remarqué que plus il s'accumulait dans votre bourse, plus vous avez tendance à vouloir le dépenser et ce, jusqu'à ce que vous n'en ayez plus. Vous pouvez aussi me dire, que le garder jalousement chez soi est tout aussi dangereux.

J'acceptai le verre de cognac.

-Merci. Je m'égare, excusez-moi. Même si je ne cherche pas à améliorer mes honoraires, votre petite entreprise m'intéresse. Comme vous pouvez l'imaginez, en tant que guérisseuse, je ne vois pas souvent des plaies ouvertes ou encore des fractures qui sont plus souvent réservées aux médecins. J'ai les connaissances théoriques, mais je manque de pratique, ce serait l'occasion idéale d'apprendre. Seulement, je ne veux pas me balader dans les ruelles du port la nuit. En fait, je ne sors pas la nuit à Clavinia, il y a tellement de choses qui traînent dehors. Si vos combats ne se font pas la journée où que soit l'endroit, je serai contrainte de refuser.

Je regardais le liquide ambré qui tournoyait dans le verre. J'en avais goûté un semblable, mais il était sucré. Je ne me rappelai plus du nom. Si j'avais pu sortir lorsque la lune était levée, je l'aurais fait sans hésiter. Trouver des "volontaires" pour apprendre les différentes sutures, contrôler les hémorragies et autres, était une aubaine que je ne pouvais pas laisser passer.

-Si vous pouvez m'arranger cela, je serais prête à tripler mes honoraires et de vous reverser un quart. Je tiens à ma sécurité, voyez-vous.

L'eau-de-vie était délicieusement brûlante. Je la sentais parcourir le long de ma gorge, jusque dans mon estomac. C'était réconfortant. Mon interlocutrice semblait réfléchir à ce que je venais de proposer. J'espérais avoir parlé le même langage qu'elle.
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Dany

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MessageSujet: Re: [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)   Mar 1 Avr - 11:55

- Des combats en plein jour, s'écria la tieffling, vous êtes folle ma parole et cela me plaît énormément, finit-elle pas s'esclaffer. Pour faire original, nous ferons original et audacieux qui plus est. La sécurité sera de mise bien entendu, je ne voudrai pas que quelqu'un soit blessé, s'il ne doit pas l'être.

L’organisatrice avait tenté de jouer sur la vénalité, mais le discours de son invitée était beaucoup plus orienté vers l'apprentissage et la sécurité. L'idée des combats de jours était une folie, mais en retournant le problème dans tous les sens, il s'était avéré que c'était la meilleure chose à faire. Alim Nyda s'en voulait presque de ne pas avoir trouvé l'idée par elle-même. Aucune concurrence ou très peu, possibilité de faire des combats clandestins dans les égouts, même de jour. Les alliés seraient nombreux et intéressés ou encore plus lucratif mais plus dangereux, chez certains nobles. Elle y pensant, c'est le nom de Mariska qui lui vint à l'esprit, cette vampire pourrait s'entendre à merveille avec Lucille, espérant seulement que celle-ci ne soit pas gêné par sa personnalité kinesthésique très prononcée.

- Vous n'aimez pas garder trop d'argent dans vos poches et je ne peux que louer cette attitude. Pourquoi garder son argent lorsque l'on peut simplement profiter des plaisirs de la vie. Afin d'accentuer sa phrase, toujours le verre à la main, l'hôte désigna sa suite. Cependant s'il vous faut un endroit sur, la B.O.R.D.E.L est un lieu bien sûr.

Alima Nyda s'approcha des quelques livres que lui avait prêté le docteur, en prit un et le tendit à son interlocutrice. La couverture en cuir épais, laissé apercevoir un "édition limité à cinq cent exemplaires" et un titre : Ossatures et muscles chez l'homme, précis d'anatomie.

- Bien, ce sera tout pour le moment. Quand à votre sécurité, elle sera garantit puisque je me préoccupe aussi de la mienne. Dans une semaine, à l'aube, retrouvez moi devant le manoir d'Ernest Beaupré, il habite en ville, et surtout apportez votre matériel. Avez-vous des questions avant de prendre congés ?

Ernest le fou lui laisserait certainement utiliser son manoir qui serait parfait pour une premier combat de jour. Le gentleman serait peut-être même de la partie, ce qui pourrait donner quelques occasions intéressantes à Alima Nyda. Elle espérait juste ne pas devoir faire un tatouage au fer rouge, avoir à s'occuper des écureuils volants du monsieur ou encore à danser la gigue en armure lourde....peut-être Mariska serait-elle capable de l'apaiser.
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Lucille

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MessageSujet: Re: [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)   Ven 4 Avr - 20:40

Elle avait rebondi sur mon exigence comme si elle avait déjà tout préparé. Je ne savais si elle avait prévu ce cas de figure, sinon, elle devait être très vive d'esprit.
Elle me parla ensuite d'un endroit où déposer son argent. J'avais déjà entendu le nom, mais n'avais jamais cherché plus loin. Son train de vie était impressionnant. Quelles combines avait-elle pu avoir monté pour pouvoir vivre comme ça ?

La tieffling se leva et se dirigea vers une étagère où étaient déposés quelques ouvrages. Elle en prit un et me le tendit. Je le feuilletai rapidement. J'en avais le souffle coupé. En général, les livres d'anatomies étaient souvent dans un sale état ou coûtait si cher, que je ne les regardais même pas. Je n'avais pas l'argent à mettre dedans pour le peu qu'ils apportaient à mes anciennes éditions racornies. Mais celui-là... Ce n'était pas « un peu » qu'il apportait. Il détaillait le moindre muscle et le moindre nerf qui l’innervait, ainsi que le plus petit vaisseau sanguin. Ils n'avaient pas lésiné sur les schémas. Je le serrai contre moi, comme si c’eût été mon enfant. Je murmurai un simple :

-Merci, je vous le rendrai.

- Bien, ce sera tout pour le moment. Quand à votre sécurité, elle sera garantie puisque je me préoccupe aussi de la mienne. Dans une semaine, à l'aube, retrouvez moi devant le manoir d'Ernest Beaupré, il habite en ville, et surtout apportez votre matériel. Avez-vous des questions avant de prendre congé ? 


Je calculai rapidement les jours du cycle lunaire. C'était bon, je serai capable de m'y rendre.

-Aucune.

Je vidai mon verre et remis mes gants. J'avais remarqué les bijoux qu'elle portait aux doigts et je ne voulais pas savoir de quelle matière ils étaient faits. Serrant toujours le livre contre moi, je lui serrai la main. Le contrat était passé.

-Merci beaucoup d'avoir pensé à moi, si vous avez besoin de quelque chose en particulier, vous savez où me trouver.

------------

Le Samaritanos était derrière moi à présent. Je remerciai Alima Nyda d'être une femme qui savait ce qu'elle voulait car l'échange avait été si court que le soleil ne s'était pas encore couché.

Je souris. J'aurai au moins trois heures devant moi pour lire le précieux prêt qu'elle m'avait fait. Et ensuite ? Ensuite, ça serait une autre histoire.
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Dany

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MessageSujet: Re: [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)   Ven 25 Avr - 15:00

Le manoir d'Ernerst Beaupré longeait une rue donnant sur la grande place, d'architecture gothique, il jouxtait deux hôtels particuliers de taille moindre. L'immensité du manoir était loin d'être unique en revanche les gargouilles et autres sculptures représentant lapins, cartes à jouer, pièces d'échec rendait l'ouvrage tout à fait singulier même pour Clavinia.

Comme l'avait anticipé Dany, Ennest ne vit aucun inconvénient à organiser un combat dans son salon, seulement s'il pouvait y installer des pièges et autres fantaisies du genre afin de faire participer le public au spectacle. Dany voulu refuser mais alors monsieur Beaupré soutint qu'il n'y aurait pas de combat sans pièges avant de lui proposer une tranche de fromage. La tieffling se demandait encore comment ce fou avait bien pu réussir dans les affaires et arriver à la tête d'une immense fortune. Elle avait du faire appel à Mariska la jeune vampire aux cheveux longs et au décolleté plongeant, qui voulaient surtout mettre Dany dans sa couche plutôt que de parler affaires, mais elle était efficace. Un de ses amis lui avait un jour expliqué le principe de la loi de Murphy, une loi du continent qui disait que si quelque chose devait mal tourner, cela arriverait forcément.

Mariska avait réussi à convaincre le fou, d'installer des pièges uniquement dans la zone de combat, après que celui eu demandé à la vampire de décrire ses fantasmes. Cette femme ne s’embarrassait nullement de la pudeur, et lui en parla avec une aisance remarquable. Monsieur Beaupré avait alors consenti à prêter son manoir le temps d'une soirée, si elle réalisait un de ses fantasmes, dans son manoir, cela l'aidait à écrire disait-il. Un vieux pervers, voilà ce que Dany aurait pu penser si ce n'avait pas été Ernest, mais sa folie rendait la chose vraisemblable.

C'est donc tout naturellement que lors d'une de ses visites à la "Nuit Silencieuse", la serveuse lui proposa d'aller prendre du plaisir chez monsieur Beaupré. La jeune tieffling lui avait fait comprendre de manière subtile qu'elle ne se sentirai pas à l'aise en présence d'un individu aussi déconcertant. Cependant elle tenait à récupérer ce manoir pour la soirée, elle se démena donc pour que Mariska puisse réaliser un autre de ses fantasmes qu'elle préférait désormais oublier dans les tréfonds de sa mémoire. Cette femme bien que charmante au demeurant, semblait parfois plus tordue, et frappée qu'Ernest.

Le Leviathius comme Ernest aimait à surnommer sa demeure, était une merveille d'architecture intérieure absconse. Des escaliers au plafond ou sur les cotés, idem pour certains meubles en acajou ou en ébène fixer au mur à la l'horizontal, essentiellement pour ce qui concernait les livres. Deux aristocrates savourant un vieux millésime, menaient une guerre terrible sur un échiquier magnétique collé au mur tel une peinture. Les tableaux sortant tout droit d'une poésie gothique ou de l'esprit d'un malade ayant revisité le mythe d'Alice, se trouvaient généralement au sol ou au plafond. Les domestiques allaient du jeune garçon travesti en poupée, jusqu'au femmes vêtus comme des officiers du gouvernement. Quelques réactions face à ce choix vestimentaires durent être contenus et expliqués avant que la situation ne s'envenime.

C'était Dany qui avait tout organisé, avec l'aide de Mariska et les remarques folles de leur hôte. Malgré un nombre de caprices incalculables, elles étaient les femmes de la situation et savaient comment venir à bout de ce vieux bonhomme. Tout sain d'esprit fut-il la compagnie de deux charmantes demoiselles lui aurait suffit, mais il ne l'était pas. Rox et Cajola avaient cependant le loisir de participer au rêve éveillé de ce pauvre homme. Ainsi l'on voyait traîner pendant la soirée, ce beau cane corso noir parmi les invités et un volatile aux plumes vertes piaillant et imitant la voix humaine, parfois fascinant, parfois étrangement agaçant.

Le début de soirée avait eu lieu avec la réception des invités, un concert à l'orgue et au clavecin laissa échapper une mélodie douce et raffinée contre tout attente dans cet espace-temps de l'étrange. Ensuite vint une pièce montée de toute beauté, les invités se régalèrent avant d'entamer le gigot. Les convives étaient désormais à l'apéritif après avoir savourés leur succulente verrine de saumon et de pêche le tout avec une mousse d'avocat. Personne ne su que c'était leur hôte qui les avaient préparé hormis les deux organisatrices de la soirée, c'était à la fois un secret et une preuve que malgré sa démence, un fond de raison sommeillait en lui.

L'apéritif s’étendit tout au long de la nuit, entrecoupé, de jeux incongrus, de danses folles et endiablées, de récits de poèmes loufoques et d'une pièce de théâtre invoquant la raison par un raisonnement par l'absurde. Tout le monde s'amusait follement, un ou deux convives étaient parti plus tôt, trouvant la fête trop originale pour leur goût conservateur, mais la majorité avait accepté en toutes connaissances de cause, beaucoup étaient déjà fous, loufoques, extravagants, originales, et évidement sous le charme de cette belle nuit.

L'aube approchait et celle qui pour l'occasion se faisait appeler Alima Nyda resplendissait avec sa robe de satin bleutée à dentelles. le décolleté pigeonnant, ainsi que ses bottes en noires à talons ne manquait pas de charmer quelques personnalités influentes. Tout ces dandys, ces belles demoiselles, ces pirates s'émerveillaient devant ce lieu plus exotique que bien des îles. La soirée se passait merveilleusement bien, et l'aube approchait à grand pas. Dany tenait un verre à la main tout en discutant avec le docteur Heartman, un charmant individu qui connaissait très bien la médecine puisqu'il venait du continent. Ici, tous l'appréciait, il avait su se faire une place comme véritable médecin mais avec assez de doigté pour ne pas se faire déranger par les charlatans ou les guérisseurs. Quelques thaumaturges lui vouaient même un profond respect, c'était chose rare de croiser un scientifique avec autant d'ouverture d'esprit.

Mariska c'était probablement réfugiée dans une chambre vide et sombre le temps que le soleil fasse un cycle complet. Les combats lui importaient peu, elle préférait la paix à la guerre et nul doute qu'un ou une invité devait déjà se trouver avec elle.

Quand à Dany, en face d'elle se tenait un homme d'âge mûr aux cheveux poivres et sels, quelques rides d'expressions se creusaient sur son visage quand il riait, réfléchissait profondément ou bien encore s'énervait mais ce cas était rare. A vrai dire depuis qu'elle le connaissait Dany ne l'avait vu s'énerver qu'une seule fois. Ce grand échalas d'un naturel calme avait su se faire une place parmi les pirates lorsque son assistance fut requise par le grand William. C'était et c'est encore le cas aujourd'hui un homme libre qui a mal mené plus d'un pirate avant que le seigneur pirate lui fasse entendre raison parce qu'il avait vu au fil des ans. Le docteur avait finit par s'acclimater à l'île, y avait même trouvé une charmante épouse, qui ne pouvait être présente à cause d'un projet mécanique complexe d'après ce qu'en avait compris Dany. La blouse blanche et les lunettes de chimistes qu'il portait masquant ainsi un gilet jaune d'or délavé, et un pantalon brun à rayures dans une soirée mondaine, le plaçait en harmonie avec le leviathus.

Cet original diront certains, innovateurs pour lui-même et pour d'autres, avait très certainement beaucoup à apprendre à Lucille. Les premiers rayons transperçant une des fenêtres du salon indiquait que la délicieuse mademoiselle Kaliendhe devrait bientôt pointer le bout de sa truffe, si elle respectait ses engagements. Tous en serait certainement ravi, afin de voir un grand final digne de ce nom.
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Lucille

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MessageSujet: Re: [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)   Mar 29 Avr - 12:50

Froid. C'était toujours la première sensation qui se jetait sur moi. Aussi désagréable soit-elle, elle était rassurante, comme une bonne vieille amie. Il faisait encore sombre, aucun rai de lumière ne passait sous la porte. Je fis coulisser mes entraves le long de mes mains et terminai par les pieds. Je tâtonnai à la recherche de l'étoffe dans laquelle je m'emmitouflai pour braver le cru de cette pièce. Je tombai sur un petit morceau de corde que je lançai négligemment. Je trouvai enfin ce que je cherchais. Détaillant ce qu'il en restait avec les mains, je pestai.

« C'est la troisième fois cette semaine qu'il se déchaîne dessus. »

J’abandonnai la cliquote et me dirigeai vers la porte, pris la clé suspendue à sa droite et sortis. Je m'arrêtai quelques instants dans le fond de l'ancienne boutique, regardant à travers la vitrine le ciel qui doucement s'éclaircissait. Une silhouette passa dans la rue et je décidai que c'était le top départ pour la journée qui m'attendait. Je parcouru le restant de l'habitation, toujours aussi nue, jusque dans ma chambre. Je me rinçai en vitesse dans un baquet d'eau froide et enfilai une blouse à manches courtes avant de me rendre compte que deux magnifiques ecchymoses me ceinturaient les poignets. J'optai pour sa camarade vert eau dont les manches étaient un peu trop longues pour moi. Tant pis. J'attrapai mes gants en peau ainsi que ma besace remplie d'aiguilles, de fil, de compresses et d'onguents divers, que j'avais préparée la veille et je m'engouffrai dans une Clavinia fatiguée par la nuit.

Je savais que Monsieur Beaupré habitait dans une des rues qui aboutissaient sur la grand Place. Je tentai de me remémorer ce que d'anciennes clientes de mon père avaient raconté à son propos. Original et excentrique étaient les deux seuls mots qui me revenait à l'esprit. J'arpentai la rue, scrutant chaque bâtisse à la recherche d'un détail me permettant de déterminer son propriétaire. Je finis par la trouver. « Détail » semblait dérisoire face aux nombreuses sculptures qui hurlaient la singularité du maître des lieux. Des cris et des rires provenaient du manoir. Qu'avait-il d'amusant de s'enfermer dans un lieu avec autant d'individus ? Je pris une grande inspiration et poussai le lourd portail sur lequel avait été forgé deux énormes trèfles à quatre feuilles. Arrivée sur le seuil, je tirai sur une patte de lapin qui actionnait une cloche, signalant ma présence. Une jeune fille, en robe d'émeraude, m'ouvrit la porte, souriante. Elle m'invita à entrer et à faire comme chez moi, avant de retourner dans la pièce où elle devait se trouver deux secondes plus tôt. Je restai scotchée par l'excentricité de la décoration. Je devais marcher sur ce qui devait être un jeu d'échec géant. Des dalles de carrelages où s'alternait le noir et le blanc, avaient envahi le mur droit du hall, en plus du sol. Je cherchais des yeux la charmante Alyma. Ne la trouvant pas, je m'engageai dans une pièce au hasard. Celle-ci était circulaire et là où aurait dû se trouver le plafond, dominait une dôme de verre, permettant aux convives de regarder s'éteindre les dernières étoiles. Elle était là, en compagnie d'un homme dont la blouse blanche ne cachait pas le vieux gilet jaune qu'il portait. Alyma quand à elle, portait une robe aux reflets bleus qui soulignait la moindre courbe de son corps, ce qui ne semblait pas déplaire à la gent masculine et, à ma surprise, féminine. Je me sentais comme un cheveu tombé dans la soupe. Alors que personne ne semblait remarquer les hommes habillés en femmes, certains individus me détaillait sous toutes les coutures.

Je m'approchai du seul visage familier et lui tendit la main.

-Heureuse de vous revoir, Alyma. Quel endroit singulier! Alors quand commençons-nous ?

Je me tournai vers l'homme poivre et sel.

-Lucille Kaliandhe.

-Docteur Heartman, enchanté.

-Oh ! Docteur Heartman ! Je suis ravie de faire votre connaissance, j'ai tellement entendu parler de vous ! Vos méthodes de soin sont, parait-il, révolutionnaires ! Je ne pensais pas vous rencontrer dans un tel endroit.

A vrai dire, je ne pensais pas le rencontrer, du tout. Pour quelle raison Alyma m'a-t-elle fait venir alors qu'elle connaît un des deux meilleurs médecins de Clavinia ?

Je jetai un œil interrogateur à cette dernière, qui sirotait son verre avec un grand sourire.
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Marionnettiste
MJ
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MessageSujet: Re: [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)   Mar 29 Avr - 13:45

[HRP : Je me permet une petite apparition, le docteur Heartman a déjà été évoqué durant le rp de Dany avec Nina par ici
Le médecin en question étant incapable de fabriquer des antibiotiques alors qu'il les utilise, c'est donc un médecin n'ayant pas beaucoup de points en Traitement médicamenteux. De plus n'étant pas "asservi" par un pirate puissant on peut en déduire qu'il n'a pas véritablement fait d'étude et qu'il tâtonne un peu dans l'utilisation des médicaments modernes.
Il peut néanmoins être célèbre! Mais garder dans l'esprit qu'il est assez peu compétent, du moins en médecine moderne Wink
Vu que ce PNJ à l'air de revenir régulièrement dernièrement, il serait bon d'en faire une mini fiche]
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Dany

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MessageSujet: Re: [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)   Mar 20 Mai - 0:48

La ravissante Lucille arrivait enfin. Même sa mine légèrement fatiguée, et ses habits mal ajustés ne parvenaient pas à lui enlever toute sa superbe. Il y avait quelque chose de fascinant chez cette jeune femme et nul doute que cela ne manquerai pas de séduire les convives.

- Nous n'attendions plus que vous très chère, l'aube est en passe de se lever, cela va nous offrir un spectacle de toute beauté. Nous avons quatre combats de prévus en cette belle mâtiné, monsieur Dudley contre monsieur Chapman, monsieur Wuts contre monsieur Henley, et miss Harper contre miss Jane et madame Wong contre monsieur Hillman.

Les combattants étant rassemblé dans la pièce où elles se trouvaient par un heureux hasard, Alyma prit le temps de tous les pointer afin que Lucille identifie ses futurs patients. Monsieur Dudley était quelque peu dodu, comme si sa masse imposante de chair lui permettait d'intimider son adversaire. Son opposa était un gentleman d'un trentaine d'années portant à merveille la veste en tweed, le chapeau melon et la canne. Monsieur Wuts avait les yeux bridés, ce qui le rendait fort singulier, sa tenue et son air calme ne trompait personne, c'était un pratiquant d'arts martiaux. En face de lui monsieur Henley, un tieffling habillé en gentilhomme une plume à la main ne semblait avoir aucune chance. Quand à miss Harper, cette blonde dans une tenue bordeaux, plus que moulante avait attiré le regard de plus d'un de ses messieurs lors de la soirée. Comble de l'ironie, la seule personne à prendre les devants face à cette beauté fut Mariska. Quand à miss Jane, son corps d'homme lui donnait un avantage dans le combat, mais sa laideur était telle que les faveurs du publiques ne seraient lui revenir. Enfin madame Wong ressemblait drastiquement à Wuts, un lien de parenté les unissait surement. Quand à monsieur Hillman, cheveux bruns coiffés en arrière, grand manteau rouge, lunettes aux verres teintés, les mains gantés, il en imposait, une puissante aura semblait émaner de ce cinquantenaire.

Mais Dany voyait la fascination de la jeune femme pour le docteur Heartman, elle décida qu'elle se devait de l'introduire, surtout après tant de supplications et de couinement de la part de ce vieux bougre pour la rencontrer depuis qu'elle lui avait conter la rencontre.

- Le docteur Heartman est spécialiste en médecine centaure et expérimentale, il s'intéresse tout comme vous je le crois à la médecine moderne. Peut-être pourriez-vous échanger sur vos travaux. A ce propos qu'avez-vous pensez de mes précieux livres ?

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Lucille

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MessageSujet: Re: [Lucille] Hôtel Samaritanos (7 mois avant le mal noir)   Lun 15 Déc - 15:41

Tandis qu'Alima désignait un à un les futurs participants, je ne pouvais m'empêcher de jeter des coups d’œil au docteur Heartman. L'homme était beaucoup plus grand que ce à quoi je pensais. Il ne s'en dégageait pas une force écrasante par son savoir ou par sa renommée. Seules, la sérénité et la curiosité semblaient l'animer. Pourquoi m'avoir fait venir ?

- Le docteur Heartman est spécialiste en médecine centaure et expérimentale, il s'intéresse tout comme vous je le crois à la médecine moderne. Peut-être pourriez-vous échanger sur vos travaux. A ce propos qu'avez-vous pensez de mes précieux livres ? 

Je me demandais ce que je pouvais échanger avec un homme pareil. Je ne savais pas qu'il était un spécialiste de la médecine centaure, ne connaissant que la rumeur de sa médecine que l'on disait nouvelle. Peut-être que les Claviniens désignaient la médecine des Hommes-Chevaux comme telle.

-J'ai dévoré les deux premiers tomes. Comment avez-vous pu dégoter pareilles merveilles ? Les écorchés sont particulièrement bien réalisés. Je ne savais pas que l'on avait découvert et nommé récemment deux nouveaux muscles au niveau du pied. Je me demande pourquoi, on ne les a découverts que maintenant alors que ceux-ci subissent plus de contraintes que les mains, chez qui il n'y a plus rien à découvrir, anatomiquement parlant, et par conséquent, sont plus enclins à développer des problèmes.


Je toussotai.

-Excusez-moi. Je vais m'arrêter là, sinon vous en aurez jusqu'au déjeuné à m'entendre parler d'extrémités digitées.

Le premier combat allait commencer. On nous invita à passer dans une pièce adjacente. Celle-ci devait être une sorte de jardin d'intérieur. D'hiver, si c'est bien le bon nom. Un grand bassin hexagonal d'une profondeur avoisinant les un mètre cinquante avait été entièrement vidé et servait d'arène. Une bonne couche de sable et de feuilles recouvraient le fond. Une petite estrade avait été montée sur un des côtés.
Je préférai rester debout. J'avais décidé que la seule chose que je toucherais ici, serait les victimes consentantes.

Monsieur Dudley et Monsieur Chapman se débattaient tant bien que mal avec une sorte de harnais. Chacun pour une raison différente.

Je me tournai vers Heartman.

-J'ai une question, pour vous. Pensez-vous qu'il est possible de séparer deux corps l'un de l'autre ou d'un tuer un des deux, comme...

-Comme un parasite ? Oui, bien sûr. Ça se fait plus que couramment pour tous les parasites extérieurs tels les poux et les puces. En ce qui concerne les parasites internes, comme les vers, il suffit d'employer le bon vermifuge. Mais, je pense que vous devriez savoir ça.

-Oui, c'est basique. Même les ménagères connaissent des méthodes, bien que rustiques, pour se débarrasser de vers. Vous devez connaître le jeûne couplé au bol de lait chaud ? Les sangliers se roulant dans la boue ont trouvé aussi un moyen. Non, ma question concernait plus la génétique. C'est assez récent. C'est l'étude de la composition d'un être vivant et le transfert de ce qu'il est à la prochaine génération. Donc, je voulais vous demander s'il est possible de séparer génétiquement un corps. D'obtenir d'une fleur rose, une fleur blanche et une fleur rouge ? Je pense qu'à partir de ce postulat, on pourrait soigner des...

Un cri porcin retentit. Pensant que c'était Monsieur Dudley qui avait poussé ce cri, assimilant cette voix à son corps, dû à un coup de canne, je le cherchai du regard. Les deux hommes étaient descendus et Monsieur Chapman avait malencontreusement atterri sur un piège à loup. La mâchoire d'argent lui cinglait la cheville, pas suffisamment pour la couper, mais assez pour que la douleur l'empêche de faire autre chose que se tordre.

Je regardai Alima et Heartman qui me répondirent par un geste entendu.

-Vous aurez bien d'autres types de blessures à soigner. Brûlures, chimiques ou non, coupures, ecchymoses dans le meilleur des cas.


Monsieur Dudley était maintenant au-dessus de son adversaire et ses petits pieds ronds commencèrent à frapper avec rage le visage tordu. L'autre ne bougeait presque pas, tenant toujours le piège. Je voyais ses mains trembler sous l'effort et puis lâcher prise. L'homme-porc, parce qu'il fallait le dire : il était maintenant un animal, ne s'arrêta pas pour autant. Quand il fut épuisé, il se coucha négligemment sur l'homme évanoui, l'écrasant de sa masse. Il bâilla, fit des petits saluts de sa main potelée, tel un roi saluant sa cour. Tout le monde applaudissait le spectacle, les cris fusèrent, enthousiastes. Seuls nous trois frappions des mains poliment.

Un crochet descendit du plafond et remonta le champion, qui ne semblait toujours pas vouloir bouger de là, puis remonta le perdant, le piège toujours accroché. Au moins, l'utilité des harnais était dévoilée.

Quelqu'un hurla : Et le vainqueur de ce premier tour est Monsieur Dudley ! Attention au grand méchant loup, les enfants ! Monsieur Chapman le saura pour la prochaine fois, applaudissons-le aussi !

-Je pense que le travail m'appelle.

Je m'éloignais de mes deux voisins qui attendaient le combat suivant. Un homme aux yeux bridés et un Tieffling s'harnachaient avec l'aide de deux jeunes femmes. Bien que je n'étais absolument pas dérangée par la violence et que le sang et les tripes n'éveillent en moi qu'un appétit que je tente de réprouver, j'étais contente de quitter cette agitation malsaine. A croire que la folie des hommes est proportionnelle à leur fortune... Du moins, elle leur permet de réaliser leurs fantasmes.

L'homme était allongé sur un lit blanc. Sa respiration était sifflante et superficielle. Sûrement des côtes cassées à rajouter au nez qui ne ressemblait plus à rien. Néanmoins, mes yeux ne pouvaient quitter la mâchoire. C'était incontestablement de l'argent. Pourquoi fallait-il que ce soit de l'argent ? Pourquoi ?! Je retournai le plus précautionneusement possible la pièce. Ouf ! Il y avait une sorte de petit mécanisme à ressort en-dessous. J'exerçai une légère pression, tout en faisant attention à ce qu'il ne se referme pas sur mes doigts. La chose faite, je le jetai au loin et me précipitai pour stopper l'hémorragie, tout en fourrant mes gants en poche. J'aurai dû en avoir d'autres. Je devais me dépêcher. Déjà les applaudissements retentissaient, scandant le nom des participants. Je voulais m’exercer, j'étais servie et j'allais pouvoir utiliser toutes mes connaissances pour y arriver.
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